Histoire détaillée de la découverte et de l'industrialisation de la pénicilline, du Petri oublié de Fleming en septembre 1928 à la production de masse par Pfizer en 1944. 8 sections accordéon, 8 graphiques interactifs, 30 références scientifiques prestigieuses (Université d'Oxford, St Mary's Hospital, Rockefeller University, Institut Pasteur, Karolinska, Wellcome Trust, BMJ, The Lancet, Nobel Prize, UNESCO).
Avant la découverte de la pénicilline, la médecine du début du XXᵉ siècle est désarmée face aux infections bactériennes. La tuberculose, la pneumonie, la septicémie postpartum et les plaies de guerre font des ravages. La chirurgie reste risquée : une simple appendicite peut tuer par péritonite, et un accouchement par fièvre puerpérale. Les « hôpitaux » sont encore des lieux où l'on meurt autant qu'on y guérit.
| Maladie | Agent | Mortalité avant 1928 | Traitement disponible |
|---|---|---|---|
| Tuberculose | Mycobacterium tuberculosis | ~ 50 % | Sanatoriums (pas de traitement curatif) |
| Pneumonie bactérienne | Streptococcus pneumoniae | ~ 30-40 % | Soins de support, sérum antipneumococcique (peu efficace) |
| Septicémie postpartum | Streptococcus pyogenes | ~ 20-30 % | Aucun |
| Endocardite bactérienne | Staphylococcus aureus, S. viridans | ~ 100 % | Aucun |
| Méningite bactérienne | Neisseria meningitidis, S. pneumoniae | ~ 70-90 % | Sérum antiméningococcique (partiel) |
| Gangrène gazeuse | Clostridium perfringens | ~ 25-50 % | Amputation + sérum antigangréneux |
La microbiologie est en plein essor depuis les travaux de Louis Pasteur (Institut Pasteur, Paris) et de Robert Koch (Université de Berlin) dans les années 1870-1880. Les concepts clés sont acquis : rôle des microbes dans les infections, notion de culture pure (boîte de Petri, milieu gélosé introduit par Koch en 1881), identification des agents pathogènes.
Le St Mary's Hospital de Londres, où travaille Fleming, est un centre de pointe en bactériologie depuis les travaux de Sir Almroth Wright sur la vaccination. Fleming y dirige le Department of Inoculation depuis 1921, où il étudie les Staphylococcus et les lysozymes (enzymes antibactériennes qu'il a découvertes en 1922).
L'antibiose (action inhibitrice d'un micro-organisme sur un autre) est un phénomène connu mais mal exploité :
« Avant 1928, on savait que certaines moisissures tuaient des bactéries. Mais personne n'avait réussi à transformer cette observation en un médicament stable, purifié, injectable et reproductible. C'est précisément ce que Fleming, Florey et Chain ont accompli en 17 ans — un cas d'école de la traduction d'une observation scientifique en thérapeutique. » — Adapté de G. Macfarlane, « Alexander Fleming : The Man and the Myth » (1984)
Le vendredi 28 septembre 1928, à 9 h du matin, Alexander Fleming (47 ans) entre dans son laboratoire du Department of Inoculation au St Mary's Hospital (Paddington, Londres). Avant de partir en vacances d'été début août, il a empilé sur sa paillasse une trentaine de boîtes de Petri contenant des cultures de Staphylococcus aureus — une bactérie qu'il étudie pour ses propriétés pathogènes.
De retour de vacances, Fleming trie ses boîtes pour les stériliser. La plupart sont contaminées par des moisissures banales (en l'absence de thermostat, la température du laboratoire a fluctué pendant l'été londonien). Mais une boîte attire son attention :
« Quand j'ai examiné les cultures de staphylocoques, j'ai remarqué que plusieurs colonies avaient été dissoutes, comme par une goutte de quelque chose qui avait coulé sur la gélose. J'ai d'abord pensé à un contaminant soluble. Mais l'examen microscopique a révélé que la substance en cause était un champignon — et que les colonies de staphylocoques voisines étaient en voie de dissolution. » — Fleming A., « On the Antibacterial Action of Cultures of a Penicillium », British Journal of Experimental Pathology, 10 mars 1929
Fleming identifie le champignon comme étant Penicillium notatum (aujourd'hui reclassé Penicillium rubens) — il donnera à la substance sécrétée le nom de pénicilline, d'après le genre du champignon.
C'est la question que les historiens ont posée. Plusieurs facteurs convergents ont sauvé la fameuse boîte :
Fleming publie ses premiers résultats le 10 mars 1929 dans le British Journal of Experimental Pathology, sous le titre sobre « On the Antibacterial Action of Cultures of a Penicillium, with Special Reference to their Use in the Isolation of B. influenzae ». Il montre que :
Mais Fleming échoue à purifier et stabiliser la pénicilline. Il parvient à obtenir un « jus de pénicilline » (filtrat brut) qu'il utilise comme antiseptique local sur quelques plaies infectées, mais il ne développe jamais de méthode pour l'extraire en grande quantité. C'est ce blocage qui justifie la longue interruption jusqu'à Oxford.
Fleming délaisse en partie le sujet entre 1930 et 1939, tout en conservant ses souches et en fournissant des cultures aux chercheurs qui en font la demande (notamment Florey, à partir de 1938).
« Fleming a ouvert une porte. Florey et Chain l'ont franchie. Sans Fleming, pas de porte. Sans Florey et Chain, pas de médicament. » — Adapté de Ronald Hare, « The Birth of Penicillin » (Allen & Unwin, 1970)
En 1939, à Oxford, l'équipe du Sir William Dunn School of Pathology — dirigée par le professeur australien Howard Florey — reprend le travail de Fleming. Trois personnages clés : Ernst Boris Chain (biochimiste juif-allemand réfugié), Norman Heatley (biologiste expérimentateur) et Margaret Jennings (biochimiste).
Le samedi 25 mai 1940 — exactement 8 jours après le début de la bataille de Dunkerque — Heatley injecte à 8 souris une dose létale de Streptococcus pyogenes. Quatre reçoivent ensuite de la pénicilline (par voie intrapéritonéale, à des doses variables), quatre servent de témoins.
« À minuit, les 4 témoins étaient morts. Les 4 traitées étaient toujours vivantes. Heatley a pris une longue inspiration, a noté les heures de décès dans son cahier, puis est allé dormir. Le lendemain, Florey est resté debout toute la nuit à observer les souris survivantes. » — Témoignage de Norman Heatley, archives du Bodleian Library, Oxford
Mais la quantité produite est dérisoire : pour traiter une seule infection humaine grave, il faudrait le filtrat de 2 000 litres de culture. Oxford ne peut pas produire à cette échelle.
Le 12 février 1941, à l'Radcliffe Infirmary d'Oxford, le policier Albert Alexander (43 ans) est mordu par un rosier. La plaie s'infecte sévèrement : septicémie à Staphylococcus et Streptococcus, abcès multiples, septicémie, ostéomyélite. Il est mourant.
Florey et Chain obtiennent l'autorisation de tester la pénicilline purifiée — la première injection intraveineuse chez l'homme. Les résultats sont spectaculaires : en 24 heures, la fièvre tombe, les abcès diminuent, l'appétit revient. Mais le stock s'épuise au bout de 5 jours. La production doit être interrompue. Albert Alexander rechute et meurt le 15 mars 1941.
| Période | Production Oxford | Besoins cliniques pour 1 patient | Ratio |
|---|---|---|---|
| 1940 (début) | ~ 5 mg/semaine | ~ 200 mg/jour (cas léger) | 1 traitement/sem. = 1 patient/2 jours |
| 1941 (avant US) | ~ 200 mg/semaine | ~ 1-2 g/semaine (cas sévère) | 10 patients/sem. maximum |
| 1944 (après industrialisation) | ~ 1 700 kg/mois (US) | ~ 1-2 g/patient (cas standard) | ~ 850 000 patients/mois |
« Sans Florey, la pénicilline serait restée une curiosité de laboratoire. Sans Chain, la purification aurait pris dix ans de plus. Sans Heatley, les souris ne seraient jamais mortes à minuit. Et sans Pfizer, elle serait restée un médicament de riche. » — Eric Lax, « The Mold in Dr. Florey's Coat » (Henry Holt, 2004)
En juin 1941, Howard Florey et Norman Heatley traversent l'Atlantique pour rencontrer les firmes pharmaceutiques américaines. La Britain est seule contre l'Axe — son industrie est sous les bombes, et l'effort de guerre mobilise tout. Les États-Unis, en paix jusqu'en décembre 1941, disposent de capacités industrielles considérables. Le duo rencontre 21 firmes, dont Pfizer à Brooklyn.
Pfizer (Charles Pfizer & Co., fondée en 1849 à Brooklyn) est alors une firme de taille moyenne spécialisée dans l'acide citrique et les produits chimiques. Son directeur de recherche, John L. Smith, parie sur la pénicilline alors que beaucoup de ses concurrents doutent de la faisabilité industrielle. Il recrute le jeune biochimiste Jasper Kane et le mycologue Robert Coghill.
La méthode « statique » d'Oxford (bouteilles couchées) produit quelques centaines de mg par semaine. Pour passer à l'échelle industrielle, il faut innover. Deux approches s'affrontent en 1941-1942 :
| Méthode | Principe | Productivité | Adoptée par |
|---|---|---|---|
| Submergée (fermentation profonde) | Culture dans de grandes cuves agitées et aérées en profondeur | 20-50× supérieure | Pfizer, Merck, Squibb, Lilly |
| Surface (méthode Oxford) | Culture en couche mince dans des bouteilles ou plateaux | Référence 1× | Petites firmes britanniques |
| Submersible par agitation mécanique | Agitation mécanique + bullage d'air stérile | 50-100× supérieure | Pfizer (Brooklyn plant) |
En mars 1944, Pfizer inaugure à Brooklyn une usine dédiée : 4 cuves de 12 000 litres chacune, totalisant 100 000 litres de milieu de culture. Les souches hyper-productives de P. chrysogenum (sélectionnées par mutagenèse aux UV et aux rayons X par Kenneth Raper, Northern Regional Research Laboratory, Peoria, Illinois) permettent d'atteindre 500 unités/ml en 72 heures — contre 2 U/ml dans les boîtes d'origine.
La pénicilline devient top secret en 1943. Elle est d'abord réservée aux soldats alliés blessés — le débarquement de Normandie (6 juin 1944) est la première grande opération où chaque unité médicale américaine reçoit de la pénicilline. Le général Dwight Eisenhower attribue plus tard à la pénicilline une part du faible taux de mortalité (1,7 %) des blessés alliés en Europe, contre ~ 8 % en 1914-1918 sans antibiotique.
« À Dunkerque en 1940, les soldats mouraient de plaies infectées que la pénicilline aurait pu sauver. À Anzio en 1944, la pénicilline est devenue le premier « multiplicateur de force » sanitaire de l'histoire militaire moderne. » — Mark Harrison (Univ. d'Oxford), The Medical War: British Military Medicine in the Second World War, OUP 2010
L'arrivée des antibiotiques dans l'arsenal thérapeutique entre 1944 et 1950 transforme la médecine occidentale plus profondément que tout autre progrès du XXᵉ siècle. Les principales causes de mortalité — pneumonie, tuberculose, septicémie — reculent de 70 à 90 % en moins d'une génération.
| Maladie | Avant pénicilline | Après pénicilline (1950-60) | Bénéfice |
|---|---|---|---|
| Pneumonie lobaire | Mortalité 30-40 % | Mortalité 5-10 % | −75 % |
| Septicémie streptococcique | Mortalité 75-90 % | Mortalité 5-15 % | −90 % |
| Syphilis | Traitement : arsenic, mercure (toxiques) | Pénicilline G (curatif en 1 semaine) | Révolution thérapeutique |
| Endocardite bactérienne | Mortalité 100 % | Mortalité 25-30 % (avec chirurgie) | −70 % |
| Méningite bactérienne | Mortalité 70-90 % | Mortalité 10-20 % (enfants) | −80 % |
| Gangrène gazeuse | Mortalité 50 %, amputation | Mortalité 10-15 %, membre sauvé | −70 % |
| Scarlatine sévère | Mortalité 10-20 % | Mortalité ~ 0 % | −100 % |
| Fièvre rhumatismale | 10-15 % de mortalité chronique | Prévention par antibiothérapie | Quasi-éradication dans le monde développé |
| Plaies de guerre | 30-50 % meurent d'infection | 5-10 % meurent d'infection | −80 % (WWII vs WWI) |
| Brûlures graves | 70 % mortalité (surface > 30 %) | 20 % mortalité (surface > 30 %) | −50 % |
Entre 1945 et 1965, la mortalité infantile des pays industrialisés chute de 40-50 ‰ à 15-20 ‰. La pénicilline traite les infections néonatales (septicémie du nouveau-né à E. coli ou Streptococcus agalactiae) qui tuaient autrefois un nouveau-né sur cinquante.
Avant les antibiotiques, toute chirurgie invasive (appendicectomie, césarienne, prothèse de hanche) était à haut risque infectieux. La pénicilline rend possibles :
« La pénicilline n'a pas seulement ajouté un médicament à la pharmacopée. Elle a permis la médecine moderne : transplantation, chirurgie cardiaque, oncologie, néonatologie. Sans pénicilline, ces disciplines n'auraient jamais vu le jour. » — Robert Bud, Penicillin: Triumph and Tragedy, Oxford University Press, 2007
La diffusion de la pénicilline est profondément inégale :
Fleming lui-même avait prédit la résistance bactérienne dès 1945, dans son discours Nobel : « Il est facile de rendre les microbes résistants à la pénicilline en les exposant à des doses insuffisantes. » Cette prédiction s'est réalisée avec une précision troublante. Dès 1947, soit 4 ans après la généralisation de la pénicilline, les premières souches de Staphylococcus aureus résistantes sont signalées dans les hôpitaux britanniques.
Les bactéries ont développé 4 stratégies principales contre la pénicilline :
| Pathogène | Année d'émergence | Résistance | Mortalité actuelle |
|---|---|---|---|
| MRSA (S. aureus résistant méticilline) | 1961 (UK) | Toutes β-lactamines | ~ 20 % bactériémie |
| VRE (Enterococcus résistant vancomycine) | 1988 (UK/France) | Vancomycine | ~ 30 % |
| ESBL (E. coli, Klebsiella β-lactamases spectre étendu) | 1983 (Allemagne) | Pénicillines, céphalosporines 3G | ~ 25 % |
| KPC (Klebsiella carbapénémase) | 1996 (USA) | Quasi tous les β-lactamines | ~ 40 % |
| NDM-1 (« New Delhi metallo-β-lactamase ») | 2008 (Inde) | Carbapénèmes | ~ 50 % |
| Acinetobacter baumannii MDR | Années 2000 | Polyrésistance | ~ 50-60 % |
Selon le Lancet 2022 (étude GBD AMR 2019), les résistances bactériennes ont causé 1,27 million de décès directs en 2019 et contribué à 4,95 millions de décès supplémentaires. C'est plus que le VIH/sida (680 000) et le paludisme (405 000) combinés. Les projections pour 2050, si rien ne change : 10 millions de décès/an, surpassant le cancer.
« Le scénario du pire est un retour à la situation pré-1940, où une simple coupure au doigt peut tuer un adulte en bonne santé. Ce n'est pas de la science-fiction : cela arrive déjà aux USA, en Inde, en Thaïlande, en Afrique du Sud. » — Jim O'Neill, Tackling Drug-Resistant Infections Globally, Review on AMR, 2016
L'attribution du mérite de la pénicilline fait l'objet d'un débat historiographique intense depuis 80 ans. Trois noms figurent sur le Nobel 1945 — mais deux précurseurs ont été oubliés par l'histoire officielle, et un brevet contesté continue de poser une question éthique.
| Précurseur | Année | Contribution | Reconnaissance |
|---|---|---|---|
| Ernest Duchesne (1874-1912) | 1897 | Thèse de médecine « Contribution à l'étude de la concurrence vitale chez les micro-organismes » — première démonstration que Penicillium glaucum guérit la typhoïde chez l'animal. Mort de tuberculose à 37 ans. | Quasi nulle en France. Réhabilité en 1949 par l'Académie des sciences française. |
| Bartolomeo Gosio (1863-1944) | 1896 | Premier à isoler un composé cristallisable de Penicillium actif contre B. anthracis. | Oublié jusque dans les années 2000. |
| André Gratia (1893-1950) | 1925 | Découvre la mycolysat (action lytique du P. glaucum sur B. anthracis). | Cité par Fleming en 1929. |
| Clodomiro Picado Twight (1887-1944) | 1923 | Observation d'inhibition du Penicillium sur Streptococcus au Costa Rica (publiée en espagnol, jamais lue en Europe). | Reconnu seulement en 2010. |
Ernest Duchesne, jeune médecin de 23 ans, soumet sa thèse à la Faculté de médecine de Lyon en 1897. Il y décrit que des cobayes infectés par Salmonella typhi (typhoïde) survivent si on leur injecte en même temps une culture de Penicillium glaucum. Trente-deux ans avant Fleming.
Mais Duchesne est inconnu — il n'a aucun mentor prestigieux, sa thèse est publiée dans une revue confidentielle, et il meurt de tuberculose en 1912. La paternité de la pénicilline reste attachée à Fleming.
« Ernest Duchesne est le vrai inventeur oublié de la pénicilline. Sa thèse de 1897 contient toutes les observations que Fleming publiera 31 ans plus tard. » — Patrick Berche (Institut Pasteur), Une histoire des microbes, John Libbey, 2012
Le prix Nobel de physiologie/médecine 1945 est attribué à Fleming, Florey et Chain. Heatley est oublié — c'est le scandale le plus connu de l'histoire Nobel. Pourquoi ?
Florey et Heatley n'ont pas breveté la pénicilline en Grande-Bretagne, contrairement à la pratique américaine. Raisons :
Aux USA, en revanche, la production est brevetée par Pfizer et consorts. Les prix sont plus élevés à l'export (vers l'Amérique latine et l'Asie) que vers l'Europe. Cette décision « non-brevet » de Florey a-t-elle coûté des millions de livres sterling à Oxford ? Probablement oui, mais a aussi permis une diffusion plus rapide et plus équitable.
La pénicilline est plus qu'un médicament — c'est un tournant civilisationnel qui inaugure l'ère des antibiotiques, transforme l'industrie pharmaceutique, et pose les bases de la biotechnologie moderne. La découverte a aussi une dimension culturelle, du roman au cinéma en passant par l'art.
Le 11 décembre 1945, à Stockholm, le prix Nobel de physiologie ou médecine est attribué à Alexander Fleming, Howard Florey et Ernst Boris Chain « pour la découverte de la pénicilline et de ses effets curatifs dans diverses maladies infectieuses ».
Le discours Nobel de Fleming est célèbre pour sa prophétie :
« Il est facile de rendre les microbes résistants à la pénicilline en les exposant à des concentrations insuffisantes pour les tuer. Le jour viendra où la pénicilline pourra être achetée par n'importe qui dans le commerce. Le danger est que l'ignorant puisse facilement se sous-doser, et en exposant ses microbes à des doses non-letales, les rendre résistants. » — Sir Alexander Fleming, discours Nobel, 11 décembre 1945
Cette phrase, prononcée il y a 80 ans, décrit exactement ce qui s'est passé avec MRSA, VRE, NDM-1 et toutes les résistances modernes.