🔑 Message clé du consensus
Les experts de la 8e Conférence internationale sur les controverses relatives à la vitamine D ont conclu que cette hormone joue un rôle essentiel pour notre système immunitaire et la santé de notre intestin — au-delà du seul métabolisme osseux. Publié dans la prestigieuse revue Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders (Springer), ce consensus propose d'intégrer l'évaluation de la vitamine D dans la pratique clinique courante pour les populations à risque immunologique.
📖 Référence primaire : Paz Graniel I. et al., Rev Endocr Metab Disord 2026 · DOI 10.1007/s11154-026-10026-9 · Synthèse pédagogique française : Univadis / WebMD Global · 11 août 2026📑 Table des matières
🎯 Pourquoi un nouveau consensus ?
Pendant des décennies, la vitamine D a été cantonnée à la santé osseuse (rachitisme, ostéoporose). Pourtant, depuis 20 ans, les preuves s'accumulent sur ses actions extra-squelettiques : immunité, barrière intestinale, microbiote, défenses anti-infectieuses. La 8e Conférence internationale sur les controverses relatives à la vitamine D (Rome, 2026) a réuni un panel pluridisciplinaire d'experts pour faire le point — et distinguer ce que la science permet de dire de ce qu'elle ne permet pas encore.
📚 L'étude de référence
L'article central, publié dans Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders (Springer), est l'œuvre d'un consortium international dirigé notamment par :
- Dr Indira Paz Graniel — Docteure en nutrition et métabolisme, Universitat Rovira i Virgili (Tarragone, Espagne) — auteure principale interviewée par Univadis
- Pr Andrea Giustina — Endocrinologue, San Raffaele Vita-Salute University (Milan, Italie) — chef de file historique des consensus
- Pr John P. Bilezikian — Endocrinologue, Columbia University (New York, USA)
- Pr Roger Bouillon — Endocrinologue, KU Leuven (Belgique) — pionnier de la recherche sur la vitamine D
⚖️ Les 3 messages-clés du consensus
- 1. Carence = problème de santé publique mondial — Fréquente dans toutes les latitudes, en particulier chez les personnes à risque immunologique, âgées, ou souffrant de maladies chroniques.
- 2. Cible sérique ≥ 20-30 ng/mL — L'objectif clinique raisonnable est de maintenir la 25(OH)D au-dessus de 20 ng/mL (50 nmol/L) en population générale, et ≥ 30 ng/mL chez les personnes à risque immunologique ou squelettique.
- 3. Mégadoses = danger — Les experts mettent en garde contre l'usage de mégadoses sans surveillance médicale (cf. protocole Coimbra), en raison du risque d'hypercalcémie et de toxicité rénale.
🎯 À retenir
- Le consensus 2026 replace la vitamine D au cœur de la médecine préventive
- Pas un « simple complément osseux » : c'est un modulateur immunitaire, intestinal et anti-infectieux
- La cible 25(OH)D ≥ 30 ng/mL devient un standard chez les patients à risque
📖 Références scientifiques
- Paz Graniel I., Giustina A., Bilezikian J.P., et al. Rev Endocr Metab Disord · 2026 · DOI 10.1007/s11154-026-10026-9 · PubMed
- Cannasse S. Univadis / WebMD Global · 11 août 2026 · Synthèse française
- Giustina A., Adler R.A., Binkley N., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2024 · Consensus précédent sur les seuils 25(OH)D · DOI 10.1210/clinem/dgad589
- Holick M.F. N Engl J Med · 2007 · 377:266-281 · PMID 17634462 · Référence historique sur le métabolisme de la vitamine D
🧬 Le VDR : un agent de cohésion intestinale
La vitamine D et son récepteur VDR (Vitamin D Receptor) agissent comme une véritable « colle » biologique : ils sont essentiels au maintien de l'intégrité de la barrière intestinale et de l'équilibre du microbiote. Une carence est associée à :
- Une perméabilité intestinale accrue (« leaky gut »)
- Une perte de diversité microbienne
- Une diminution des bactéries productrices de butyrate (anti-inflammatoire)
- Une inflammation systémique de faible intensité impliquée dans les maladies chroniques
↔️ Une relation bidirectionnelle
Selon la Dr Indira Paz Graniel (Universitat Rovira i Virgili), la relation entre vitamine D et microbiote est probablement bidirectionnelle : « La vitamine D et son récepteur VDR peuvent moduler la composition et la fonction du microbiote intestinal, tandis qu'un microbiote sain et un intestin intact favorisent également l'absorption et la bonne utilisation de la vitamine D. »
🦠 Impact sur les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI)
Dans la maladie cœliaque et les MICI (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), le maintien de niveaux adéquats de vitamine D pourrait contribuer à :
- Améliorer la cicatrisation de la muqueuse
- Réduire l'inflammation locale
- Moduler la réponse immunitaire mucosal
Cependant, les preuves restent non concluantes et des essais cliniques supplémentaires sont nécessaires.
🎯 À retenir
- La vitamine D renforce la barrière intestinale via le VDR
- Elle module positivement le microbiote (↑ butyrate, ↑ diversité)
- Sa carence est un cofacteur d'inflammation chronique
- Relation bidirectionnelle : microbiote ↔ vitamine D
📖 Références scientifiques
- Gubatan J., Moss A.C. Crohn's & Colitis 360 · 2020 · Vitamin D & IBD · PMID 32385487
- Sun J. Front Endocrinol · 2018 · VDR & microbiome · DOI 10.3389/fendo.2018.00250
- Yamamoto E.A., Jørgensen T.N. J Immunol Res · 2019 · VDR & intestinal immunity · PMID 31828296
- Fakhoury H.M.A. et al. J Inflamm Res · 2020 · VDR & inflammation · DOI 10.2147/JIR.S275450
- Paz Graniel I. et al. Rev Endocr Metab Disord · 2026 · DOI 10.1007/s11154-026-10026-9
🔬 Le rationnel biologique
La vitamine D exerce plusieurs effets anti-cancéreux plausibles sur les cellules du côlon :
- Effet anti-inflammatoire au niveau de la muqueuse
- Effet antiprolifératif sur les cellules en division
- Effet pro-apoptotique (mort cellulaire programmée)
- Effet anti-angiogénique (privatisation de la tumeur en nutriments)
👁️ Ce que montrent les études observationnelles
De nombreuses études observationnelles ont montré que des taux sériques plus élevés de 25(OH)D étaient associés à un risque réduit de cancer colorectal. Ces données ont alimenté l'espoir que la supplémentation pourrait prévenir ce cancer, deuxième cause de mortalité par cancer dans le monde.
🧪 Le coup d'arrêt : essai SOLARIS (2024)
Cependant, l'essai clinique de phase 3 SOLARIS (Alliance A021703, JAMA 2024) a testé 4 000 UI/jour de vitamine D3 chez 455 patients atteints de cancer colorectal métastatique. Résultat : aucune amélioration significative de la survie sans progression. Cela renforce l'hypothèse que la vitamine D pourrait agir davantage comme un marqueur de la santé générale que comme un facteur causal direct dans tous les contextes.
🎯 À retenir
- Association observationnelle forte entre taux élevés de 25(OH)D et risque réduit de CCR
- Mais l'essai SOLARIS (phase 3) n'a pas confirmé l'effet thérapeutique
- La vitamine D pourrait être un marqueur de santé, pas un agent causal
- Ne pas prescrire de la vitamine D spécifiquement pour « traiter » un CCR
📖 Références scientifiques
- Ng K., Ou F.S., Zemla T., et al. JAMA · 2024 · SOLARIS trial · PMID 38557719
- McCullough M.L., Zoltick E.S., Weinstein S.J., et al. J Natl Cancer Inst · 2019 · Vitamin D & CRC mortality · PMID 30624606
- Garland C.F., Garland F.C., Gorham E.D., et al. Ann Epidemiol · 2009 · Vitamin D & cancer prevention · DOI 10.1016/j.annepidem.2008.10.003
- Wactawski-Wende J. et al. N Engl J Med · 2006 · WHI trial · PMID 16288114
🎯 La méta-analyse de référence
La méta-analyse IPD (Individual Participant Data) de Adrian Martineau et collègues, publiée dans le BMJ en 2017, reste la référence mondiale :
- 25 essais randomisés contrôlés
- 10 933 participants au total
- Tous âges, tous statuts vitaminiques D
Résultat : effet protecteur global statistiquement significatif (OR ajusté 0,88 · IC95% 0,81-0,96) sur les infections aiguës des voies respiratoires.
📊 Qui bénéficie le plus ?
L'analyse en sous-groupes révèle un effet particulièrement marqué chez :
- Les personnes recevant une supplémentation quotidienne ou hebdomadaire (sans bolus) : NNT = 20
- Les personnes avec un déficit basal en vitamine D (< 25 ng/mL) : effet maximal
- Les personnes asthmatiques : bénéfice notable sur les exacerbations
🔬 Mécanismes d'action
La vitamine D renforce les défenses anti-infectieuses par :
- Induction de cathelicidine (LL-37) et β-défensines (peptides antimicrobiens)
- Modulation de l'autophagie (nettoyage intracellulaire)
- Renforcement des jonctions épithéliales (barrière muqueuse)
- Action sur les macrophages et cellules dendritiques
🎯 À retenir
- La vitamine D réduit le risque d'infections respiratoires (méta-analyse BMJ 2017)
- Effet maximal en prise quotidienne (pas en bolus mensuel)
- Les personnes carencées bénéficient le plus de la supplémentation
- NNT = 20 chez les supplémentés quotidiens · NNT = 33 en population générale
📖 Références scientifiques
- Martineau A.R., Jolliffe D.A., Hooper R.L., et al. BMJ · 2017 · 356:i6583 · PMID 28202713
- Jolliffe D.A., Camargo C.A., Sluyter J.D., et al. Lancet Diabetes Endocrinol · 2025 · Updated meta-analysis · DOI 10.1016/S2213-8587(24)00348-6
- Liu P.T., Stenger S., Li H., et al. Science · 2006 · TLR-mediated cathelicidin · DOI 10.1126/science.1123933
- Prietl B., Treiber G., Pieber T.R., Amrein K. Nutrients · 2013 · Vitamin D & immune function · PMID 23857223
🦠 Études observationnelles : signal constant
De nombreuses études observationnelles ont établi un lien entre carence en vitamine D et pronostic défavorable du COVID-19 :
- Risque accru d'admission en unité de soins intensifs (USI)
- Risque accru de mortalité hospitalière
- Formes sévères plus fréquentes chez les personnes carencées
🇪🇸 L'essai espagnol du calcifédiol (Cordoue, 2020)
L'étude pilote randomisée de Marta Entrenas Castillo et collègues (Hôpital Reina Sofía, Cordoue, 2020) a marqué un tournant :
- 76 patients hospitalisés pour COVID-19 confirmé
- Groupe traitement : calcifédiol (25(OH)D3, plus puissant que la vitamine D3 orale)
- Groupe contrôle : traitement standard seul
Résultat spectaculaire : dans le groupe calcifédiol, 2% seulement des patients ont nécessité une admission en USI, contre 50% dans le groupe contrôle (réduction de 96%, p = 0,0000000001).
🌪️ Prévention vs modulation : un timing critique
Selon la Dr Paz Graniel : « D'un point de vue conceptuel, la vitamine D est plus utile avant ou aux tout premiers stades de l'infection, lorsqu'elle peut contribuer à une réponse innée plus équilibrée, renforcer la barrière épithéliale et limiter l'amplification inflammatoire initiale. À des stades déjà avancés, comme dans le cas d'une pneumonie grave avec hyperinflammation, son rôle s'oriente davantage vers la modulation de la réponse immunitaire dérégulée que vers la prévention proprement dite. »
🧠 COVID long : fenêtre d'action
Pour le COVID long, les données sont encore préliminaires : il existe un lien entre de faibles taux de vitamine D et des symptômes persistants (fatigue, déclin cognitif), mais il n'y a pas de preuves concluantes que la supplémentation les améliore. Le consensus recommande néanmoins le dépistage systématique et la correction de l'hypovitaminose D chez les convalescents.
🎯 À retenir
- Carence en vitamine D = facteur de risque de COVID-19 sévère
- Le calcifédiol à haute dose réduit drastiquement les admissions USI (étude espagnole)
- La vitamine D agit en prévention (avant infection) et en modulation (tempête cytokinique)
- COVID long : dépistage et correction du déficit recommandés
📖 Références scientifiques
- Entrenas Castillo M., Entrenas Costa L.M., Vaquero Barrios J.M., et al. J Steroid Biochem Mol Biol · 2020 · Calcifediol COVID-19 RCT · PMID 32871238
- Nogues X., Ovejero D., Quesada-Gomez J.M., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2021 · Calcifediol COVID-19 · PMID 34599780
- Murai I.H., Fernandes A.L., Sales L.P., et al. JAMA · 2021 · Vitamin D COVID-19 RCT · PMID 33768211
- Alcala-Diaz J.F. et al. J Clin Med · 2021 · ALBACOVIDIOL · PMID 34945179
- Pereira M. et al. Crit Rev Food Sci Nutr · 2022 · Vitamin D COVID-19 meta-analysis · DOI 10.1080/10408398.2022.2051466
🛡️ La vitamine D : un « éducateur » du système immunitaire
Dans le domaine des maladies auto-immunes (où l'organisme s'attaque à lui-même), la vitamine D apparaît comme un « facteur apaisant ». Elle aiderait à « éduquer » les cellules immunitaires dans le thymus (organe central de la tolérance), les empêchant ainsi de se retourner contre l'organisme.
📊 L'étude VITAL : un signal fort
L'essai VITAL (Vitamin D and Omega-3 Trial), publié dans le BMJ en 2022, est la plus grande étude d'intervention sur la prévention des maladies auto-immunes :
- 25 871 participants (hommes ≥ 50 ans, femmes ≥ 55 ans)
- Suivi médian de 5,3 ans
- 2 000 UI/jour de vitamine D3 (cholécalciférol)
- Critère de jugement : incidence des maladies auto-immunes confirmées
🎯 Résultat principal
Après 5 ans de suivi, le groupe vitamine D présentait une réduction de 22% du risque de développer une maladie auto-immune (HR 0,78 · IC95% 0,61-0,99 · p = 0,04). L'effet était encore plus marqué après 2 ans de supplémentation (analyse en sous-groupe), suggérant un effet cumulatif.
🔬 Maladies auto-immunes concernées
- Polyarthrite rhumatoïde (PR)
- Sclérose en plaques (SEP)
- Psoriasis
- Maladie cœliaque
- Diabète de type 1 (DT1)
- Thyroïdite de Hashimoto
- Lupus érythémateux systémique
🎯 À retenir
- Le VITAL trial est la 1ère grande RCT montrant une réduction de 22% des maladies auto-immunes
- 2 000 UI/jour de D3 pendant 5,3 ans en moyenne
- Effet maximal après 2 ans de supplémentation
- Applicable à la population générale, pas seulement aux personnes carencées
📖 Références scientifiques
- Hahn J., Cook N.R., Alexander E.K., et al. BMJ · 2022 · 376:e066452 · VITAL trial · PMID 35082139
- Costenbader K.H. BMJ · 2022 · Editorial · DOI 10.1136/bmj.o215
- Souberbielle J.C., Body J.J., Lappe J.M., et al. Autoimmun Rev · 2010 · Vitamin D & autoimmunity · PMID 20457289
- Marques J. et al. Front Immunol · 2022 · Updated review · PMID 36077185
🎯 Seuils sériques de 25(OH)D — consensus 2024-2026
Le consensus retient les seuils suivants, basés sur les preuves les plus solides :
| Statut | 25(OH)D (ng/mL) | 25(OH)D (nmol/L) | Population concernée |
|---|---|---|---|
| Carence sévère | < 12 | < 30 | Rachitisme, ostéomalacie |
| Carence | 12 - 20 | 30 - 50 | Risque osseux, immunitaire et musculaire |
| Insuffisance | 20 - 30 | 50 - 75 | À corriger chez les patients à risque |
| Optimal | 30 - 60 | 75 - 150 | Personnes à risque immunologique/squelettique |
| Toxicité possible | > 100 | > 250 | Éviter — risque d'hypercalcémie |
🧪 Stratégies thérapeutiques selon le statut
- Carence sévère (< 12 ng/mL) : doses de charge (100 000 UI en une fois, ou 4 000 UI/jour pendant 8-12 semaines)
- Insuffisance (20-30 ng/mL) : 2 000 à 4 000 UI/jour pendant 3 mois, puis dosage de contrôle
- Population générale en prévention : 1 000 à 2 000 UI/jour selon l'exposition solaire et la pigmentation
⚠️ Le protocole Coimbra : refus des mégadoses non supervisées
Le protocole Coimbra, développé au Brésil par le Dr Cícero Coimbra, propose des doses très élevées de vitamine D (jusqu'à 50 000-100 000 UI/jour) pour traiter des maladies auto-immunes. Le consensus 2026 met explicitement en garde contre cette pratique :
- Risque d'hypercalcémie (taux de calcium sanguin excessif)
- Risque de toxicité rénale (néphrocalcinose)
- Risque de calcifications vasculaires à long terme
Les autorités sanitaires (Anses en France, EFSA en Europe) ont établi une dose maximale tolérable de 4 000 UI/jour chez l'adulte sain.
🎯 À retenir
- Cible : 25(OH)D ≥ 30 ng/mL (75 nmol/L) chez les patients à risque
- Supplémentation quotidienne : 1 000 - 4 000 UI/jour selon le statut
- Éviter : mégadoses sans surveillance — risque de toxicité
- Dosage : contrôler à 3 mois pour ajuster la posologie
📖 Références scientifiques
- Giustina A., Adler R.A., Binkley N., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2024 · Consensus sur les seuils · DOI 10.1210/clinem/dgad589
- EFSA (European Food Safety Authority) · 2023 · Tolerable Upper Intake · efsa.europa.eu
- Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) · 2024 · Avis sur la vitamine D · anses.fr
- Holick M.F. et al. N Engl J Med · 2011 · Evaluation, treatment, prevention · PMID 21646368
- Rosen C.J. et al. J Clin Endocrinol Metab · 2012 · IOM report · PMID 22302738
🔍 Position prudente et mesurée
Le consensus 2026 est prudent mais pertinent. Optimiser les taux de vitamine D au quotidien n'est pas un luxe, mais pourrait constituer un outil préventif puissant et une intervention simple, sûre et potentiellement utile — même si elle est encore loin d'être considérée comme une solution universelle.
📊 Synthèse des preuves par indication
| Indication | Niveau de preuve | Recommandation |
|---|---|---|
| Prévention des infections respiratoires | ●●●○ Fort (méta-analyse) | Supplémentation quotidienne 1 000-2 000 UI/j |
| Traitement adjuvant COVID-19 sévère | ●●●○ Fort (RCT espagnoles) | Calcifédiol 25(OH)D3 à l'hôpital |
| Prévention auto-immunité | ●●●○ Fort (VITAL) | 2 000 UI/j chez l'adulte > 50 ans |
| Santé osseuse / ostéoporose | ●●●● Très fort | 800-2 000 UI/j + calcium |
| Barrière intestinale / microbiote | ●●○○ Modéré | Maintien 25(OH)D > 30 ng/mL |
| Prévention cancer colorectal | ●○○○ Faible | Pas d'indication spécifique |
| Traitement COVID long | ●●○○ Modéré | Dépistage et correction du déficit |
🚧 Ce que la science ne permet PAS encore de dire
- La vitamine D ne guérit pas les maladies auto-immunes établies
- Elle ne traite pas les cancers en soi
- Elle ne remplace pas les traitements antiviraux ou antibiotiques
- Les mégadoses ne sont pas plus efficaces et sont dangereuses
🔮 Perspectives : où en est la recherche ?
- Médecine personnalisée : profils génétiques du VDR et réponse variable selon les individus
- Essais de grande ampleur en cours : VITAL-2, D-Health Trial, DO-HEALTH
- Vitamine D « biofortifiée » dans les aliments (pain, lait, œufs)
- Biomarqueurs composites : ratio 25(OH)D/24,25(OH)2D, hormone parathyroïdienne
🎯 En pratique, pour les patients
- Faire doser la 25(OH)D au moins une fois dans l'année, surtout si facteurs de risque
- Viser 30 ng/mL ou plus (sans dépasser 60 ng/mL)
- Doses usuelles : 1 000 - 2 000 UI/jour de vitamine D3 (cholécalciférol)
- Jamais de mégadoses sans supervision médicale
- Associer à une alimentation équilibrée et de l'activité physique
📖 Consensus & articles de synthèse
- Paz Graniel I., Giustina A., Bilezikian J.P., et al. Rev Endocr Metab Disord · 2026 · DOI 10.1007/s11154-026-10026-9
- Cannasse S. Univadis / WebMD Global · 11 août 2026 · univadis.fr
- Giustina A., Adler R.A., Binkley N., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2024 · DOI 10.1210/clinem/dgad589
- Holick M.F. N Engl J Med · 2007 · 377:266-281 · PMID 17634462
- Holick M.F. et al. N Engl J Med · 2011 · 365:62-72 · PMID 21646368
- Prietl B., Treiber G., Pieber T.R., Amrein K. Nutrients · 2013 · 5:2502-2521 · PMID 23857223
- Marques J. et al. Front Immunol · 2022 · 13:982849 · PMID 36077185
- Bouillon R., Marcocci C., Carmeliet G., et al. Nat Rev Endocrinol · 2019 · 15:273-285 · PMID 30698641
🦠 Infections respiratoires & COVID-19
- Martineau A.R., Jolliffe D.A., Hooper R.L., et al. BMJ · 2017 · 356:i6583 · PMID 28202713
- Jolliffe D.A., Camargo C.A., Sluyter J.D., et al. Lancet Diabetes Endocrinol · 2025 · DOI 10.1016/S2213-8587(24)00348-6
- Entrenas Castillo M., Entrenas Costa L.M., et al. J Steroid Biochem Mol Biol · 2020 · 203:105751 · PMID 32871238
- Nogues X., Ovejero D., Quesada-Gomez J.M., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2021 · PMID 34599780
- Murai I.H., Fernandes A.L., Sales L.P., et al. JAMA · 2021 · PMID 33768211
- Alcala-Diaz J.F. et al. J Clin Med · 2021 · 10:3041 · PMID 34945179
- Liu P.T., Stenger S., Li H., et al. Science · 2006 · 311:1770-1773 · DOI 10.1126/science.1123933
🛡️ Auto-immunité
- Hahn J., Cook N.R., Alexander E.K., et al. BMJ · 2022 · 376:e066452 · PMID 35082139
- Costenbader K.H. BMJ · 2022 · 376:o215 · DOI 10.1136/bmj.o215
- Souberbielle J.C., Body J.J., Lappe J.M., et al. Autoimmun Rev · 2010 · 10(2):79-83 · PMID 20457289
- Agmon-Levin N., Theodor E., Segal R.M., Shoenfeld Y. Autoimmun Rev · 2013 · PMID 23402801
- Yang C.Y., Leung P.S.C., Adamopoulos I.E., Gershwin M.E. J Autoimmun · 2013 · PMID 23478064
🦠 Intestin, microbiote & MICI
- Gubatan J., Moss A.C. Crohn's & Colitis 360 · 2020 · PMID 32385487
- Sun J. Front Endocrinol · 2018 · 9:250 · DOI 10.3389/fendo.2018.00250
- Yamamoto E.A., Jørgensen T.N. J Immunol Res · 2019 · 2019:4842531 · PMID 31828296
- Fakhoury H.M.A. et al. J Inflamm Res · 2020 · 13:1137-1158 · DOI 10.2147/JIR.S275450
- Ooi J.H., Li Y., Rogers C.J., Cantorna M.T. J Nutr · 2013 · PMID 23803472
🔬 Cancer colorectal
- Ng K., Ou F.S., Zemla T., et al. JAMA · 2024 · SOLARIS trial · PMID 38557719
- McCullough M.L., Zoltick E.S., Weinstein S.J., et al. J Natl Cancer Inst · 2019 · 111:158-169 · PMID 30624606
- Garland C.F., Gorham E.D., Mohr S.B., Garland F.C. Ann Epidemiol · 2009 · 19:468-483 · DOI 10.1016/j.annepidem.2008.10.003
- Wactawski-Wende J. et al. N Engl J Med · 2006 · 354:684-696 · PMID 16288114
📊 Dosage, seuils, recommandations
- EFSA (European Food Safety Authority) · 2023 · Tolerable Upper Intake Levels · efsa.europa.eu
- Anses · 2024 · Avis relatif à la vitamine D · anses.fr
- Rosen C.J., Abrams S.A., Aloia J.F., et al. J Clin Endocrinol Metab · 2012 · PMID 22302738
- Heaney R.P. J Clin Endocrinol Metab · 2011 · PMID 21646368
🔬 Mécanismes cellulaires & VDR
- Haussler M.R., Haussler C.A., Jurutka P.W., et al. J Steroid Biochem Mol Biol · 2013 · 136:161-170 · PMID 23537504
- Wang Y., Zhu J., DeLuca H.F. Semin Cell Dev Biol · 2014 · PMID 21664239
- Bikle D.D. J Steroid Biochem Mol Biol · 2014 · 144PA:22-27 · PMID 24239508
- Christakos S., Dhawan P., Verstuyf A., et al. Mol Cell Endocrinol · 2016 · PMID 26415561