Moins dangereux que le tabac, mais dangereux quand même — Expertise ANSES 2026
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail a publié un volumineux rapport sur les risques du vapotage pour la santé.
« Aucune catégorie d'effet ne dépasse, en gravité ni en niveau de preuve, celles observées pour le tabac fumé ; la combustion absente reste l'avantage majeur du vapotage. Toutefois, les risques sanitaires liés au vapotage existent. »
L'évaluation scientifique de la nocivité de la cigarette électronique se heurte à 2 obstacles majeurs :
| Obstacle | Description |
|---|---|
| Diversité des dispositifs | Conception variable et gamme étendue d'arômes |
| Profil des utilisateurs | 98% sont fumeurs ou anciens fumeurs |
4 vapoteurs sur 5 utilisent un liquide contenant de la nicotine, ce qui contribue au pouvoir addictif.
Les émissions du vapotage contiennent des aldéhydes malgré l'absence de combustion :
Le vapotage est associé à des effets possibles sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus in utero, qu'il y ait ou non de la nicotine.
« La combustion absente reste l'avantage majeur du vapotage. Toutefois, les risques sanitaires liés au vapotage existent. »
Le vapotage ne doit pas être présenté comme « sans risque » — il présente des risques avérés, même si ces risques sont moindres que ceux du tabac fumé.
| Recommandation | Détails |
|---|---|
| Ne jamais commencer | Ne jamais commencer à vapoter et a fortiori à fumer du tabac |
| Aide à l'arrêt | Le vapotage peut être une aide à l'arrêt du tabac quand les autres moyens ont échoué |
| Suivi médical | À condition d'être suivi par un professionnel de santé |
| Ne pas continuer à fumer | Ne pas continuer à fumer du tabac en parallèle |
Même recommendation — ne pas vapoter ni fumer pendant la grossesse. Si besoin, dans le cadre d'une réduction des risques et avec suivi médical.
Le vapotage n'est pas une solution miracle — c'est un outil de réduction des risques, pas un objectif en soi.
L'ANSES propose la création d'autorisations de mise sur le marché (AMM) pour certains produits de vapotage, sur le modèle de celles des médicaments et dispositifs médicaux.
Marché actuel : produits sans encadrement spécifique
Marché « plus exigeant » : produits avec AMM et suivi médical
« Permettre aux individus désirant s'inscrire dans un parcours de sevrage total des produits nicotinés de le faire dans un dispositif encadré par des professionnels de santé qualifiés. »
L'agence insiste sur le rôle crucial des professionnels de santé et recommande de renforcer leur information et leur formation sur le vapotage.
Serge Cannasse pour Univadis / Medscape