🩺 Dr. Mghazli M. A.
EULAR 2026 · Londres

Vaccination & maladies rhumatismales

L'Alliance européenne des associations de rhumatologie (EULAR) publie ses recommandations actualisées 2026 pour la vaccination des patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires auto-immunes (AIIRD). Nouveau paradigme : vacciner dès le diagnostic, adapter le calendrier à la cinétique de chaque traitement, et ne plus attendre la rémission. Synthèse en 10 sections.

+1,5–2×risque de zona sous inhibiteurs de JAK (dès le début du traitement)
4 semainesfenêtre minimale avant immunosuppresseur pour les vaccins vivants
2 semainespause MTX post-vaccination pour optimiser la séroconversion
6 moisdélai minimum après rituximab pour vacciner (idéal : avant dose suivante)
1 Section 1 Un nouveau paradigme : vacciner sans attendre Pendant des décennies, la crainte d'une poussée a fait reporter les vaccins. L'EULAR 2026 officialise le passage à une stratégie proactive, fondée sur les données probantes.

1.1. La fin de l'hésitation vaccinale en rhumatologie

Pendant des décennies, la pratique courante en matière de vaccination des patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires auto-immunes (AIIRD) a été marquée par l'hésitation. Craignant qu'un vaccin ne déclenche une poussée de la maladie ou qu'une inflammation active n'affaiblisse la réponse immunitaire, les cliniciens reportaient systématiquement la vaccination jusqu'à ce que le patient atteigne une rémission complète.

Ce paradigme est officiellement révolu, selon les experts présents au congrès annuel 2026 de l'EULAR (European League Against Rheumatism) à Londres.

« La protection l'emporte largement sur les risques hypothétiques de poussée », a déclaré le Dr Pedro Machado, professeur de rhumatologie à l'University College London (UCL, Londres, Angleterre). « Par le passé, le fait d'attendre la rémission de la maladie entraînait une couverture vaccinale sous-optimale et une charge infectieuse élevée, pourtant évitable. Aujourd'hui, la prévention des infections est un élément central des soins rhumatologiques modernes, au même titre que le contrôle de l'inflammation. »

Schéma 1 — Paradigme shift : ancien vs nouveau (EULAR 2026)

Le passage d'une stratégie attentiste à une stratégie proactive, fondée sur les données

ANCIEN PARADIGME (avant 2026) Attendre la rémission complète → reporter les vaccins Couverture vaccinale sous-optimale · charge infectieuse élevée Hésitation clinique · crainte de poussée NOUVEAU PARADIGME (EULAR 2026) Évaluer les besoins vaccinaux DÈS le diagnostic Administrer sans lien avec l'activité de la maladie Adapter le calendrier à la cinétique de chaque médicament Conséquence clinique : la vaccination devient un pilier des soins rhumatologiques au même titre que le contrôle de l'inflammation — et non une option secondaire Dr P. Machado, University College London, EULAR 2026
Ancien paradigme (attentiste) Nouveau paradigme (proactif)
Message clé : « La prévention des infections est un élément central des soins rhumatologiques modernes, au même titre que le contrôle de l'inflammation. » — Dr Pedro Machado, UCL, EULAR 2026.
2 Section 2 Vaccins inactivés vs vivants atténués Les vaccins inactivés sont sûrs à tout moment du traitement. Les vaccins vivants restent contre-indiqués sous immunosuppression active et nécessitent une fenêtre de 4 semaines.

2.1. Vaccins inactivés : sécurité établie

Les vaccins non vivants — virus inactivés, sous-unités protéiques, ARNm — présentent un excellent profil de sécurité. Selon l'EULAR 2026, ils peuvent être administrés en toute sécurité à n'importe quel moment : au diagnostic, lors de l'induction du traitement ou tout au long du traitement d'entretien, indépendamment de l'utilisation concomitante de glucocorticoïdes ou de DMARD (Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drugs).

2.2. Vaccins vivants atténués : prudence maintenue

Les vaccins à virus vivants atténués (BCG, fièvre jaune, ROR, varicelle/zona vivant, rotavirus oral, poliomyélite orale) restent strictement contre-indiqués en cas d'immunosuppression active. La règle EULAR 2026 : 4 semaines minimum avant le début de tout traitement immunosuppresseur, afin de garantir la sécurité et une élimination virale adéquate.

Profil de sécurité des vaccins chez les patients AIIRD

Classification EULAR 2026 · sécurité et restrictions par type de vaccin

⚠️ Exception importante : les vaccins à virus vivants ne sont pas tous dans la même catégorie. Le certolizumab pegol (anti-TNF sans fragment Fc) ne traverse pas la barrière placentaire et ne contre-indique donc pas les vaccins vivants chez le nourrisson exposé in utero — contrairement aux autres anti-TNF et biologiques.
3 Section 3 Cinétique médicament-spécifique MTX, inhibiteurs de JAK, abatacept, rituximab : chaque traitement module différemment la réponse vaccinale. L'EULAR 2026 privilégie la cinétique biologique aux calendriers fixes.

3.1. Méthotrexate (MTX) : une pause de 2 semaines optimise la séroconversion

Le MTX est connu pour entraîner une atténuation modérée des réponses vaccinales. L'interruption du MTX pendant 1 à 2 semaines immédiatement après la vaccination augmente significativement les taux de séroconversion, comme l'ont montré plusieurs essais cliniques évaluant les vaccins contre la grippe, le SARS-CoV-2 et le pneumocoque (Park et al. 2018, Annals of the Rheumatic Diseases). Bien que ces données s'appuient sur des marqueurs d'immunogénicité, le risque de poussée lié à l'interruption est transitoire et cliniquement gérable.

3.2. Inhibiteurs de JAK et abatacept : atténuation significative

Les inhibiteurs de JAK (JAKi) et l'abatacept (CTLA4-Ig) atténuent considérablement les réponses humorales, en particulier celles dirigées contre le vaccin recombinant contre le zona (RZV, Shingrix). Étant donné que les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou de lupus (LED) présentent un risque 1,5 à 2 fois plus élevé de zona — risque qui augmente dès le début d'un traitement par JAKi — la vaccination RZV doit idéalement être achevée avant le début du traitement.

3.3. Rituximab : abandonner l'intervalle fixe de 6 mois

La pratique consistant à vacciner 6 mois après une perfusion de rituximab est fondamentalement erronée, a expliqué le Dr Machado. La déplétion des lymphocytes B affaiblit considérablement les réponses humorales. Le moment optimal de vaccination devrait être déterminé par la cinétique biologique mesurée de la repopulation des lymphocytes B (CD19+/CD20+). En l'absence de suivi accessible du nombre de cellules, la meilleure alternative : vacciner immédiatement avant la prochaine dose d'entretien prévue pour le patient.

Atténuation de la réponse vaccinale par médicament immunosuppresseur

Estimation de la réduction relative de la séroconversion (synthèse EULAR 2026)

Schéma 2 — Fenêtre de vaccination optimale autour du rituximab

Calendrier basé sur la cinétique de repopulation des lymphocytes B

Perfusionrituximab Déplétion B · Pas de vaccination0–5 mois post-perfusion FENÊTRE OPTIMALEJuste avant dose suivante Prochaine perfusionrituximab (6 mois) T0~mois 3~mois 5-6Mois 6 VACCINEZ ICI (repopulation B précoce)
Contre-indication vaccinale Fenêtre vaccinale optimale
Nouveauté EULAR 2026 : on ne vaccine plus « 6 mois après le rituximab » aveuglément. On vaccine quand les lymphocytes B commencent à repeupler — idéalement juste avant la perfusion suivante, pas après.
4 Section 4 Exposition in utero & le « bouclier familial » Les nourrissons exposés aux biologiques in utero ne doivent pas recevoir de vaccins vivants avant 6 mois. Le cercle familial vacciné protège les patients immunodéprimés.

4.1. Transfert placentaire des IgG1 issues des biologiques

En raison du transfert placentaire actif des IgG1 maternelles issues de produits biologiques en fin de grossesse (2ᵉ et 3ᵉ trimestres), les nourrissons nés de mères sous anti-TNF, rituximab ou autres biologiques présentent des concentrations détectables de ces médicaments à la naissance. Conséquence directe : les vaccins vivants (BCG, rotavirus oral) ne sont pas sûrs au cours des 6 premiers mois de vie. Le BCG, la vaccination anti-rotavirus (sauf données rassurantes récentes) et le ROR doivent être reportés.

4.2. L'exception certolizumab

Le certolizumab pegol fait exception : dépourvu de fragment Fc, il ne traverse pas le placenta. Les nourrissons exposés in utero au certolizumab peuvent recevoir les vaccins vivants selon le calendrier standard, sans restriction. Une méta-analyse récente (2025) suggère également la sécurité du vaccin oral contre le rotavirus chez les nourrissons exposés aux anti-TNF classiques, bien que les données restent limitées.

4.3. Le bouclier familial

Pour les patients présentant une immunodéficience sévère, l'EULAR 2026 recommande de constituer un « bouclier familial » : toutes les personnes immunocompétentes en contact avec le patient dans son entourage immédiat doivent être à jour dans leurs vaccinations. Exceptions critiques :

  • Le vaccin oral vivant contre la poliomyélite reste strictement contre-indiqué pour les contacts familiaux (risque d'excrétion virale et de poliomyélite vaccinale).
  • Les personnes immunodéprimées doivent éviter de manipuler les couches des nourrissons ayant reçu le vaccin oral contre le rotavirus pendant les 4 semaines suivant la vaccination.

Schéma 3 — Le bouclier familial (EULAR 2026)

Stratégie de protection indirecte du patient immunodéprimé par son entourage

PATIENTimmunodéprimé Conjointvacciné Enfantsvaccinés Parentsvaccinés Aidantsvaccinés ⚠️ Pas de vaccin polio oral vivant pour les contacts · éviter contact couches post-rotavirus 4 sem.
5 Section 5 Principes généraux EULAR 2026 Décision partagée, contrôle annuel obligatoire, priorité au moment d'administration, bouclier familial : les 4 piliers de la nouvelle stratégie.

5.1. Les 4 piliers

Les nouvelles recommandations EULAR, présentées par la Dre Ori Elkayam (chef du service de rhumatologie, Centre médical Sourasky de Tel-Aviv, Israël), déplacent l'axe clinique de l'activité de la maladie vers la cinétique biologique précise des traitements. Quatre principes fondamentaux :

  1. Prise de décision partagée : les stratégies vaccinales doivent être personnalisées et élaborées en collaboration entre l'équipe de rhumatologie, le médecin généraliste et le patient.
  2. Contrôles annuels obligatoires : une évaluation formelle du statut vaccinal doit être effectuée et consignée au moins une fois par an par l'équipe de rhumatologie.
  3. Priorité au moment d'administration : idéalement, les vaccins sont administrés avant le début du traitement immunosuppresseur. Il ne faut jamais reporter les vaccins non vivants par crainte d'une poussée ou d'une inflammation active.
  4. Le bouclier familial : les membres de la famille proche et les contacts étroits doivent être entièrement vaccinés, en respectant strictement les restrictions relatives aux vaccins vivants.

Couverture vaccinale réelle vs recommandée chez les patients AIIRD

Écart entre les recommandations EULAR 2026 et la pratique clinique actuelle (estimations)

Citation de la Dre Strangfeld (DRFZ Berlin) : « Le principal obstacle à une couverture vaccinale élevée réside rarement dans la réticence des patients, mais plutôt dans une lacune due à une omission dans les processus cliniques quotidiens. Les contrôles de vaccination doivent être intégrés de manière systématique dans les lettres d'orientation et les listes de contrôle cliniques, exactement comme l'évaluation de l'activité de la maladie. »
6 Section 6 Grippe & pneumocoque Vaccination annuelle antigrippale avec formulations haute dose chez les patients sous anti-CD20. Schéma antipneumococcique séquentiel PCV→PPSV23 pour tous les patients AIIRD.

6.1. Grippe : annuelle, haute dose si anti-CD20

La vaccination antigrippale annuelle est fortement recommandée pour tous les patients AIIRD. Les cliniciens doivent envisager des formulations à forte dose ou adjuvantées chez les patients sous traitements anti-CD20 (rituximab) ou sous glucocorticoïdes à forte dose, afin de compenser l'affaiblissement de la réponse immunitaire. L'étude de Park et al. (2018, Annals of the Rheumatic Diseases) a démontré que la pause de 2 semaines de MTX après la vaccination antigrippale améliore la séroconversion de 20 à 30 %.

Taux de séroconversion antigrippale selon le schéma de MTX

Park et al. 2018, Ann Rheum Dis · N = 320 patients

6.2. Pneumocoque : schéma séquentiel pour tous

Le vaccin antipneumococcique est indiqué chez tous les patients adultes AIIRD. Les recommandations EULAR 2026 préconisent un schéma séquentiel : vaccin conjugué (PCV15 ou PCV20) suivi du vaccin polysaccharidique (PPSV23) 8 semaines plus tard, ou un schéma exclusivement conjugué selon la disponibilité régionale. Ce schéma maximise la réponse immunitaire chez les patients sous immunosuppresseurs.

En pratique : tous les patients AIIRD doivent avoir un statut vaccinal grippe + pneumocoque vérifié et documenté annuellement. La coexistence fréquente d'une corticothérapie au long cours majore le risque d'infection pneumococcique invasive.
7 Section 7 COVID-19 & herpès zoster (RZV) Rappels saisonniers COVID-19 pour tous. Vaccin recombinant contre le zona (RZV/Shingrix) fortement recommandé dès 50 ans — et désormais dès 18 ans si haut risque.

7.1. COVID-19 : rappels saisonniers

La vaccination saisonnière continue ou les doses de rappel doivent être administrées conformément aux protocoles nationaux pour les cohortes à haut risque. Les patients AIIRD font partie intégrante de ces cohortes prioritaires dans la quasi-totalité des pays européens.

7.2. Zona (RZV) : la grande nouveauté EULAR 2026

Le vaccin recombinant inactivé contre le zona (RZV, Shingrix) est désormais fortement recommandé pour tous les patients AIIRD âgés de 50 ans ou plus. Nouveauté majeure : l'EULAR 2026 recommande d'envisager systématiquement le RZV chez les patients à haut risque âgés de 18 à 49 ans, en particulier ceux qui débutent un traitement par inhibiteurs de JAK ou par DMARD biologiques à large spectre.

Risque de zona par tranche d'âge et par traitement (odds ratios)

Données poolées synthèse EULAR 2026 · OR ajusté vs population générale

Pourquoi le zona est un enjeu majeur : le risque de zona est 1,5 à 2 fois plus élevé chez les patients atteints de PR ou de LED, et ce risque augmente considérablement dès le début d'un traitement par inhibiteur de JAK. La vaccination RZV (2 doses à 2 mois d'intervalle) est la seule protection efficace — le vaccin vivant atténué contre le zona (Zostavax) est contre-indiqué.
8 Section 8 HPV & hépatite B HPV recommandé jusqu'à 26 ans (discussion partagée jusqu'à 45 ans), avec accent sur le lupus. Dépistage VHB obligatoire avant tout biomédicament ou DMARD ciblé.

8.1. HPV : accent particulier sur le lupus

Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH/HPV) est recommandé pour toutes les patientes AIIRD jusqu'à 26 ans. Dans le cadre d'une prise de décision partagée, il peut être proposé jusqu'à 45 ans. L'accent est mis sur les patientes atteintes de lupus érythémateux disséminé (LED) en raison de leur risque accru de dysplasie cervicale et de cancer du col de l'utérus (risque 1,5 à 3 fois supérieur à la population générale selon les études de Mok 2013, Arthritis & Rheumatology, et de Feldman 2016, Lupus Science & Medicine).

8.2. Hépatite B : dépistage obligatoire avant biomédicament

Un dépistage sérologique VHB (Ag HBs, Ac anti-HBc, Ac anti-HBs) est obligatoire avant d'instaurer un traitement par produits biologiques ou DMARD synthétiques ciblés. Les patients non immunisés (anti-HBs < 10 mUI/mL) doivent être vaccinés avant le début du traitement. Une vérification de la sérologie post-vaccinale est indispensable ; si les titres protecteurs chutent en dessous de 10 mUI/mL, une série de rappels est nécessaire. La réactivation du VHB sous rituximab est un risque bien documenté (Loomba 2016, Hepatology).

Schéma vaccinal EULAR 2026 : calendrier récapitulatif par vaccin

Recommandations de vaccination systématique chez les patients AIIRD adultes

9 Section 9 Vaccins de voyage Les vaccins de voyage inactivés sont sûrs. Ceux à virus vivants (fièvre jaune, typhoïde orale) restent généralement contre-indiqués sauf critères stricts d'exposition endémique.

9.1. Vaccins de voyage inactivés : feu vert

Les vaccins de voyage inactivés — hépatite A, fièvre typhoïde injectable (Vi), méningocoque conjugué, encéphalite japonaise, rage — sont tout à fait sûrs chez les patients AIIRD, quel que soit le traitement immunosuppresseur en cours. Ils peuvent être administrés selon le calendrier standard du voyageur, avec une attention particulière au délai nécessaire pour une protection optimale avant le départ.

9.2. Vaccins de voyage vivants : restriction stricte

Les vaccins de voyage à virus vivantsfièvre jaune (obligatoire pour de nombreux pays d'Afrique et d'Amérique du Sud), typhoïde orale (Ty21a) — restent généralement contre-indiqués en cas d'immunosuppression active. Une exception peut être envisagée si le patient répond à des critères stricts de traitement à faible dose ET est confronté à une exposition endémique inévitable. Cette décision relève d'un centre expert et doit être documentée.

Schéma 4 — Algorithme décisionnel : vaccination chez le patient AIIRD

Arbre décisionnel simplifié issu des recommandations EULAR 2026

Vaccin nécessaire chez patient AIIRD Vaccin vivant ? NON (inactivé) OUI (vivant atténué) ✔ Administrer sans délaiQuel que soit le traitement Patient sous immunosuppresseur ? ✔ Administrer 4 sem.avant début traitement ✘ Contre-indiqué(ou avis centre expert)
Voie autorisée Contre-indication Décision
10 Section 10 Modulations des immunosuppresseurs & mise en œuvre Directives EULAR 2026 sur les ajustements médicamenteux avant/après vaccination et recommandations pour intégrer le suivi vaccinal dans la pratique clinique quotidienne.

10.1. Tableau synthétique des modulations recommandées

Recommandations EULAR 2026 par médicament et type de vaccin

Synthèse des ajustements thérapeutiques recommandés pour optimiser la réponse vaccinale

10.2. Résumé des directives clés

  • Suspension du MTX : interrompre 2 semaines après vaccination grippe/pneumocoque pour optimiser la séroconversion, si le risque de poussée est cliniquement gérable.
  • Déplétion B (rituximab) : vaccins inactivés ≥ 6 mois après la dernière perfusion et, idéalement, 4 semaines avant la dose suivante.
  • Marge de sécurité vaccins vivants : tous les vaccins vivants doivent être administrés ≥ 4 semaines avant le début d'un biomédicament ou DMARD synthétique ciblé.
  • Nourrisson exposé in utero : pas de vaccins vivants (BCG, rotavirus) pendant 6 mois après la naissance (sauf certolizumab pegol).
  • Contrôle annuel : intégrer le statut vaccinal dans les listes de contrôle clinique, au même titre que le DAS28 ou le SLEDAI.

10.3. Mise en œuvre clinique

La Dre Anja Strangfeld, professeure d'épidémiologie au Centre allemand de recherche en rhumatologie de Berlin (DRFZ), a souligné que le principal obstacle à une couverture vaccinale élevée n'est pas la réticence des patients mais l'omission dans les processus cliniques quotidiens. Le Dr Machado a ajouté : « Les contrôles de vaccination doivent être intégrés de manière systématique dans les lettres d'orientation et les listes de contrôle cliniques, exactement comme l'évaluation de l'activité de la maladie. Si nous ne les vérifions pas explicitement au moment du diagnostic, nous manquons souvent le moment propice pour agir. »

Conclusion EULAR 2026 : la mise à jour des recommandations offre aux cliniciens une feuille de route claire et indispensable qui démystifie complètement le calendrier de vaccination et la sécurité des vaccins dans le cadre des schémas thérapeutiques modernes. La vaccination devient un pilier des soins rhumatologiques, au même titre que le contrôle de l'inflammation.

Références scientifiques

24 sources cliquables · EULAR 2026 · University College London · DRFZ Berlin · Tel Aviv Sourasky

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