Marathon : pourquoi le corps cède-t-il à mi-course ?
Dr. Mghazli M.A | Source : CNRS — Servane Pierre (avril 2026)
À l'approche des grandes courses de printemps, des scientifiques du CNRS expliquent les causes de la chute brutale de performance lors d'un marathon. Le "mur des 30 km" est un phénomène physiologique ressenti surtout chez les_amateurs, lorsque le corps change de carburant pour soutenir l'effort.
Au début de l'effort, l'organisme utilise d'abord le glycogène, forme de glucide stockée dans les muscles et le foie. Ce sont des molécules de taille moyenne qui fournissent de l'énergie très rapidement.
Le glycomètre, c'est comme l'essence super des automobiles : un carburant efficace pour maintenir une vitesse élevée… mais disponible en quantité limitée.
Pour un coureur amateur, cette réserve est presque épuisée aux alentours du 30e kilomètre. L'organisme va alors en freiner l'utilisation pour répondre à une éventuelle urgence.
| Type de sportif | Stock total |
|---|---|
| Non entraîné | 300 – 400 g |
| Sportif entraîné | ~ 600 g |
C'est dans les lipides que l'organisme va chercher l'énergie complémentaire. Toutefois, ces molécules sont plus complexes à dégrader que le glycogène.
| Propriété | Glycogène | Lipides |
|---|---|---|
| Disponibilité | Limitée | Abondante |
| Vitesse d'activation | Rapide | Lente |
| Débit énergétique | Élevé | Modéré |
| Endurance | Courte | Longue |
| Stock (non-entraîné) | ~350 g | ~10 000 g |
L'organisme abandonne son carburant principal haute performance pour un "mode diesel". D'où le fameux "mur des 30 km".
La transition ne se limite pas à un ralentissement. Elle s'accompagne d'une cascade de symptômes physiques et cognitifs.
L'entraînement est un indispensable allié. Plus on s'entraîne, plus le corps devient efficace dans l'utilisation des différents carburants.
Chez les sportifs très entraînés en endurance, l'utilisation des lipides s'établit plus tôt dans l'effort. Cela permet de préserver les réserves de glycogène jusqu'à la fin de la course.
| Niveau | Glycogène stocké | Équivalent km |
|---|---|---|
| Non entraîné | 300 – 400 g | ~25 – 30 km |
| Entraîné | ~ 600 g | ~ 42+ km |
| Haut niveau | > 600 g | Marathon entier |
Les femmes présentent des réserves lipidiques plus importantes que les hommes, y compris dans les muscles. Cette caractéristique leur confère un avantage certain en endurance.
Cette physiologie suggère que les femmes sont naturellement plus adaptées à l'exercice de longue durée que les hommes.
Le challenge est double : parcourir 42,195 km et optimiser l'utilisation des réserves d'énergie. La nutrition joue un rôle déterminant.
À forte dose, gels et mélanges sucrés provoquent des troubles gastro-intestinaux. Modération et timing sont essentiels.
| Stratégie | Effet |
|---|---|
| Entraînement endurance régulier | Meilleure utilisation des lipides + stockage glycogène ↑ |
| Régime hyperglucidique 48h avant | Surstockage glycogène |
| Gels glucose + fructose avant le 25e km | Épargne glycogène interne |
| Hydratation continue | Prévention crampes, confusion |
| Gestion du rythme (ne pas partir trop vite) | Préservation glycogène |