À première vue, l'équation paraît simple : le froid contracte les vaisseaux et fait monter la tension, le chaud les dilate et la fait baisser. Cette logique thermodynamique élémentaire explique pourquoi votre tensiomètre affiche souvent +5 à +10 mmHg de pression artérielle systolique (PAS) en janvier par rapport à juillet — un phénomène observé à l'identique du Japon à la Norvège, en passant par les États-Unis.
Mais dès que l'on regarde les chiffres à l'échelle des pays, l'équation « chaleur = peu d'hypertension » ne tient plus. La prévalence standardisée de l'hypertension (ajustée sur l'âge) atteint :
Autrement dit : les climats les plus chauds portent aussi certaines des charges hypertensives les plus lourdes du monde. Le graphique ci-dessous met face à face la prévalence par grande région (selon GBD 2021).
Croire qu'un climat chaud « protège » de l'hypertension est un raisonnement écologique : il confond la moyenne d'un pays avec la situation clinique d'un patient. Les études individuelles (cohortes, méta-analyses) montrent que la température ambiante n'explique que 3 à 8 % de la variance de la PAS dans une population — contre 15 à 25 % pour le seul apport sodé.