Les musulmans d'Andalousie étaient-ils arabes ou ibériques ?
Une population majoritairement européenne
En Al-Andalus, la grande majorité de la population musulmane était d'origine européenne. Les Arabes de souche ou quasi-souche ne représentaient même pas 1% de la population.
Les Berbères, qui ne sont pas Arabes, furent les seuls peuples non européens à contribuer de manière significative à la population d'Al-Andalus.
Les armées arabes et berbères
Après la victoire des Berbères sur l'armée gothique en 711, une armée arabe de 12 000 « Yéménites » prit le contrôle du sud de la péninsule Ibérique.
Lors de la Grande Révolte berbère de 748-749, quelque 10 000 « Syriens » auraient été appelés en renfort pour réprimer la révolte.
Les 22 000 « guerriers arabes » ne représentaient même pas 1% de la population (4 millions d'habitants). Le taux de mortalité étant très élevé, on peut supposer que les hommes arabes n'ont pas contribué de manière significative à l'ADN européen.
Beaucoup d'Arabes ont contracté des alliances matrimoniales avec la noblesse andalouse (Goths et Hispano-Romaines) afin de s'emparer de leurs terres et d'accroître leur pouvoir. La majorité de la noblesse gothique andalouse était composée de veuves.
500 000 immigrés = 17% de la population
Seuls les Berbères ont immigré en grand nombre. Les historiens estiment qu'environ 500 000 Berbères ont immigré en Al-Andalus au Moyen Âge.
Après la Grande Révolte Berbère, les Berbères furent contraints de s'installer dans le sud-ouest et le sud-est de la péninsule Ibérique, loin des Arabes, des musulmans européens (ibériques) et des Juifs, qui vivaient dans les principales villes (Tolède, Mérida, Séville, Cordoue, Grenade).
Haplogroupes et ADN en Ibérie
L'ADN E1b1 (bleu clair) est présent à environ 10% dans l'ouest et le sud de la péninsule Ibérique, et à 0% partout ailleurs (sauf Valence).
L'allèle E1b1 M81 est le marqueur berbère. La présence à ~5% correspond au marqueur berbère « authentique ».
L'ADN berbère introduit en Ibérie représente environ 3 à 5% du génotype E1b1 total. Le reste a été apporté par :
Les Juifs séfarades ne contiennent aucune trace de l'haplogroupe berbère E1b1 M81.
L'ADN arabe a quasi disparu d'Andalousie. La faible proportion de J1 (2-3%) observée dans le sud de l'Espagne provient très probablement des Juifs convertis, non des Arabes.
711-1492 : 8 siècles d'histoire
L'âge d'or d'Al-Andalus
Sous le Califat de Cordoue, la ville devint l'un des principaux centres culturels et économiques du bassin méditerranéen, de l'Europe et du monde islamique.
Hiérarchie ethnique
Durant les croisades, la majorité de la population berbère fut contrainte d'émigrer vers l'Afrique du Nord (de même que les Arabes), et seuls les musulmans européens restèrent sur place.
Puis, entre 1492 et 1650, le reste de la population musulmane fut expulsé.
L'émirat de Grenade demeurait le dernier État musulman de la péninsule Ibérique. Il devint un État tributaire de la Couronne de Castille avant de se rendre aux Rois Catholiques en 1492.
Wikipedia — Al-Andalus
Analyse génétique des haplogroupes E1b1, J1, J2
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